25 septembre 2006

On ira tous au Paradis... même moi!

Et peut-être même que j'y suis déjà allé en week-end! En tout cas, si ce n'étais pas le paradis, ça y ressemblait quand même pas mal...

Je n'étais pas seul, nous sommes partis à 7. Et, miracle de la technologie, voici (enfin) des photos!


Le groupe presque au complet.
De gauche à droite:
- Delphine
- Sabine (de dos)
- Carha
- Céline (de dos)
- Caroline






Yann, venu m'épauler dans mon rôle de minorité masculine



















Et parce que c'est quand même mieux de face que de dos, revoici Sabine et Céline.













Le lieu où nous nous sommes rendus s'appelle "Les manguiers" et se situe à quelques kilomètres de Kampot, petite bourgade du sud-ouest du Cambodge. C'est une maison d'hôte tenue par des franco-khmers installés là depuis quelques années, et qui ont aménagé sur un superbe terrain, entre rivière et rizières, une maison sur pilotis avec 3 chambres pour accueillir quelques invités de passage.

Après l'effeverscence et le bruit de la capitale, ce petit coin de nature est un hâvre de paix, au silence à peine troublé par le passage de quelques petites barges de sable sur la rivière et de quelques rares mobilettes au loin...

Mais le paradis ça se mérite. Et pour se rendre là, nous avons pris un minibus. Et là ça a été toute une aventure!

Déjà pour se rendre au lieu de rendez-vous. Comme il se doit, mon motodop ne connaissait pas le chemin, malgré son acquissement assuré lorsque je lui ai montré le plan et dit le nom du boulevard Mao Tsé-tung. Et comme les panneaux sont rares et petits, et la circulation intense aux voisinages des marchés, ils nous a fallu quelques détours pour arriver à destination. Et là, problème: le rendez-vous était devant le théatre Chenla en face de l'hôtel Intercontinental. Apparemment c'était simple, sauf que la place était immense! Et le théatre introuvable. Et n'ayant pu faire débloquer la veille mon téléphone Orange(TM), je n'avais toujours pas de moyen de joindre quelqu'un... Heureusement en tournant autour de la place, tout le monde à fini par se retrouver. Direction ce qui doit être une gare routière plus ou moins officielle, bondée de véhicules en tous genres, avec aucune indication de leur destination! Mais Delphine avait un guide qui nous a conduit à un minibus à moitié rempli. 3$ la place, parfait!

Nous voilà donc en train d'embarquer. 3 personnes s'installent à l'arrière, et l'on s'apprête à rabattre la banquette mais l'on nous intime qu'une 4ème personne s'installe. Idem à la banquette de devant (prévue pour 2 personnes) + le strapontin (1 personne). 4 personnes pour 3 places, j'ai donc la chance de tomber... entre la banquette et le strapontin, avec 1 barre de fer sous chaque fesse, un vide au milieu et la poignée pour rabattre la banquette dans le dos. Sur les genoux mon sac à dos et mon appareil photo... Et les gens continuent à s'entasser sur les autres banquettes... et sur le toit!

Puis c'est le départ... enfin presque parce que 200m après on s'arrête pour prendre quelques personnes de plus sur le toit. Puis on repart... pour 300m avant de charger d'énormes sacs de riz ou de farine dans le coffre. Encore un ou deux arrêts, et cette fois c'est vraiment parti. Enfin un peu au ralenti, car ça bouchonne pas mal dans le coin.

Encore tous frais et content de notre départ en week-end, on ne pense à rien d'autre pour le moment qu'à manger quelques croissants et pains au chocolat, arrosés de jus de fruits, et à papoter un peu.

Puis la route défile... certains entame une petite sieste, moi je commence à bien sentir les barres des sièges et la poignée dans le dos... et un peu moins la circulation dans mes jambes. Quelques tentatives pour décaler mes fesses de 2cm vers la droite ou la gauche histoire de laisser passer quelques litres de globules rouges oxygénés...

J'observe le paysage, et puis je suis intrigué par une personne sur les sièges tout à l'avant du minibus. Il est assis sur les genoux de 2 autres personnes, et se retrouve donc le nez à environ 5 cm du pare-brise. Si le chauffeur freine un peu fort, il va avoir le nez encore plus plat qu'avant!!! Sauf que... c'est bizarre, quand ça klaxonne, il remue le bras au même moment... Et quand ça tourne aussi... Mais ?!? C'est lui le chauffeur!!! Et oui! Conduire assis sur 2 autres personnes, c'est possible! J'aurais bien pris une photo, mais j'étais bien incapable de pouvoir remuer suffisamment pour sortir l'appareil du sac et le tenir!

Alors pour passer le temps, j'ai compté les places assises: 4 banquettes de 3 places + 2 places à l'avant + 1 pour le chauffeur = 15 places. Et combien de personnes? A vrai dire je n'ai pas le compte exact, car je n'ai pas vu le nombre de personnes sur le toit, mais on était au moins 25, voire 30! OK il y avait 3 ou 4 enfants sur les genoux ou dans les bras de leurs parents, mais quand même! Belle optimisation de l'espace! Et puis de temps en temps, il m'a semblé entendre des piaillements... et j'ai plus tard pu confirmer qu'il y avait aussi une poule et quelques poussins sous la banquette devant moi. La poule n'avait pas de cache-nez ni de Kleenex, donc elle n'avait normalement pas la grippe...

On continue notre route. Les paysages défilent, constellés de palmiers. Soudain un trou que la chauffeur n'évite pas. Un grand claquement retenti, et le chauffeur arrête le minibus quelques centaines de mètres plus loin. Il descend pour examiner l'engin, puis finit par remonter et repartir, à une allure un peu plus modeste. Après quelque chose comme 1h de route, arrêt impromptu à un garage, tout le monde descend du camion, en plein soleil, et se regroupe au pied de l'unique arbre et de ses quelques branches qui apporte une ombre mitée. En voyant le minibus dans son ensemble, on constate alors qu'il penche vers l'avant, comme si tout un lourd chargement était caché dans le moteur, alors qu'en réalité c'est à l'arrière que son empilé plusieurs dizaines de kilos de riz ou de farine! Il y a donc vraiment quelque chose qui s'est cassé tout à l'heure, mais qui ne nous a heureusement pas empêché de rouler jusqu'ici. Mais suffisamment important quand même pour que le chauffeur juge important de réparer toute affaire cessante, quitte à nous laisser poireauter au pied de notre arbre!

Heureusement, juste à côté, il y avait un petit bar/restaurant, et quelques raffraîchissements plus tard, nous avons pu reprendre la route, à une allure nettement plus soutenue. Au passage on a permuté les places, et j'ai lâchement cédé mes barres de fer et ma poignée dans le dos à Sabine. Mais comme elle n'avait pas de sac sur les genoux, elle pouvait plus facilement bouger et même dormir un peu en se reposant sur le siège devant, donc j'ai eu un peu moins de scrupules.

Après quelque chose comme 5h de route, en gagnant peu à peu de la place au fur et à mesure des arrêts pour décharger les passagers et le chargement, nous sommes arrivés à Kampot vers les 15h, en plein soleil. Le minibus a refusé de nous déposer quelques kilomètres plus loin à notre lieu de résidence, pas très sympa. On pense qu'il a des accords avec les motodops qui sont arrivés en nuée autour du minibus appatés par tous ces touristes. Et les touristes les ont déçu, puisque nous sommes partis à pieds! Céline a même failli partir à cloche-pied, une de ses chaussures ayant mystérieusement disparue durant le voyage! Delphine avait heureusement une paire de tong de rechange avec elle.

Arrivé sur place, la première chose que nous avons cherché, c'est un restaurant. Nous en avons trouvé un au bord de la rivière, et à cette heure nous avons surpris tout le personnel en pleine sieste! Mais 7 touristes à nourrire les ont promptement réveillé. La prise de commande a été fastidieuse, la jeune femme ayant du mal à comprendre ce que l'on voulait, et notant à chaque très scrupuleusement le nom exact du plat d'après la carte (pourtant pas si fournie que ça). Cela aurait du éveiller nos soupçons, car au bout de plusieurs dizaines de minutes d'attente et de boissons et plats arrivant au compte goutte, une personne , à savoir Yann, n'était pas servie, et la demoiselle est arrivée goguenarde de la cuisine en disant qu'elle avait oublié! Yann a trouvé cela beaucoup moins drôle, et encore moins quand 2 mn après elle est revenue lui dire qu'il n'y a avait pas le plat qu'il avait commandé 3/4 d'heure plus tôt... Il faut dire que des spaghettis carbonara au fin fond du Cambodge...

Une fois restaurés, direction "Les manguiers". Les motodops se consultent et affirment connaître le lieu. Super! L'un d'eux part comme une flèche, les autres suivent un peu à la traîne. On passe un pont au dessus de la rivière (ne pas tomber, ne pas tomber), puis on s'engage sur un chemin de terre. Comme on pouvait le prévoir, en fait ils n'allaient pas où il fallait! Et Delphine a eut du mal à rattraper le motodop de tête et à l'arrêter. Demi-tour, on retraverse le pont (ne pas tomber, ne pas tomber), et on repart sur une petite route qui devient chemin au milieu des rizières. Quelques kilomètres et apparaissent quelques grandes bâtisses: c'est là, au pied de la rivière. Les motodops sont payés au tarif négocié, malgré leurs protestations (peu vigoureuses), mais après tout ce sont eux qui se sont trompés!








La maison où nous avons logé, juchée sur pilotis.

















Vues sur la rivière depuis la terrasse et vue depuis le bord de l'eau











Vue depuis la chambre de l'autre côté de la maison: Rizières à perte de vue...











Une averse très localisée sur la rive d'en face, au couché du soleil.











Couché de soleil sur la rivière.


Après une partie de Jungle speed (un jeu très rigolo, et suffisamment facile pour que je comprenne en quelques minutes) et une séance de contemplation des étoiles (c'est dingue comme on en voit dès que l'on s'éloigne de la civilisation et de ces lumières perpétuelles), ce fut une bonne nuit de sommeil, avec comme seul fond sonore quelques grenouilles dans les rizières et les criquets...

Le lendemain, après un magnifique petit déjeuner à l'Européenne, ballade au programme. Il y a cission (amicale) du groupe car les suffrages se partagent entre 2 destinations:
  • Une cascade raffraîchissante de l'autre côté de la rivière: ce sont Yann, Carha et Delphine qui optent pour cette destination à pieds
  • L'escalade du Mont Blanc (et oui!), le (petit) pic visible tout à fait à gauche sur la photo de la vue des rizières depuis la chambre, que l'on rejoint en vélo et que l'on grimpe à pieds.
On enfourche donc nos vélos, et pressé que j'étais, je n'ai pas été très attentif à mon choix. Pourtant après 5m à peine, en descendant la pente (certe un peu forte) en haut de laquelle les vélos étaient garés, je freine... et je passe par dessus le guidon. Sans mal heureusement, et je me suis juste dit que j'avais freiné un peu fort en descente...

On part donc et on commence à cheminer au milieu des rizières. Environ 1/4 d'heure plus tard, le vélo devant moi s'arrête d'un coup... et moi aussi, mais encore une fois par dessus le guidon!

J'en ressort avec seulement de la poussière rouge sur mon bermuda, mais un doute sur le fonctionnement de mes freins. Quelques coups de pédales et de freins me permettent de me rendre compte (mais un peu tard) que je n'ai pas du tout de frein à l'arrière et qu'à l'avant, si on appuie un peu trop fort, le frein se bloque! CQFD. Mais il est un peu tard pour faire machine arrière, alors il faudra juste que j'anticipe les prochains freinages...

L'expédition continue. Le soleil tape, et ne trouvant pas de casquette ou de Krama (foulard cambodgien) pour me protéger le crâne, j'improvise un turban avec un T-shirt de secours, et le résultat est, d'après mes compagnes, tout à fait réussi. Je n'ai pas (encore) vu de photos pour savoir si cela était vrai.

En chemin, c'est une averse de "Hello" qui nous accueille. Souvent se sont les personnes, et surtout les enfants, dans les échoppes ou devant les maisons, mais parfois aussi, on se retrouve à répondre "Hello" à un buisson ou une haie de cocotiers, incapables de repérer l'auteur du salut!
Quand aux signes de la main appuyés que nous font certains, on essaye d'y répondre parfois, mais tenir le guidon d'une seule main sur un chemin défoncé, j'ai encore du mal!


Un peu plus loin, c'est un magnifique buffle surpris en pleine séance de Thalassothérapie que nous rencontrons.

Mais en fait, nous nous sommes vite aperçu que dès le départ, nous nous sommes trompés de direction! Nous devions faire une boucle dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, et en fait nous avons tout fait à l'envers. Cependant, nous avons quand même pris les bons chemins, ce qui n'est pas si mal!

Mais arrivés au pied du Mont Blanc, nous n'avons pas pu repérer avec certitude le chemin pour monter. On nous avait dit "vous verrez, vous ne pouvez pas vous tromper, c'est un chemin qui monte tout droit vers le sommet". En arrivant, on a bien vu un "chemin" (disons une trouée dans les plantes) qui montait de manière fort abrupte, si bien que nous avons pensé que ce n'était pas cela, et qu'étant arrivé du mauvais côté, ce devait être plus loin. Mais après une vingtaine de minutes de recherche, et des tas de petits chemins partant dans tous les sens, nous ne savions plus que faire, d'autant qu'il ne nous semblait pas raisonnable de partir au hasard dans la nature (il peut y avoir des mines), et que l'heure avançait. Donc nous avons fait l'impasse sur l'ascension et sur la vue sûrement magnifique au sommet. Tant pis, une prochaine fois peut-être!

Mais du coup, nous avons pu prendre le temps de visiter une pagode et de nous arrêter au fur et à mesure des rencontres.

A la pagode, le spectacle était partagé! Les enfants ne nous on pas lâchés d'une semelle, et étaient ravis de jouer avec nous.

Sabine en particulier a vraiment un sens du contact formidable avec eux, et leur a appris en quelques minutes à jouer à "1 2 3 soleil", devenu en Khmer "Muy Pii Baï Tchop!" (soit 1, 2, 3 stop!)


Elle s'est tout particulièrement faite une nouvelle ami de cette charmante petite fille, à laquelle elle a aussi tenté, avec Céline de jouer à d'autres jeux en se frappant dans les mains, mais avec moins de réussite!

Quelques femmes assez âgées étaient là aussi, et nous on fait l'honneur de nous ouvrir la salle hébergeant le Bouddha. Ne sachant trop comment nous y prendre, nous nous sommes contentés de nous déchausser et de nous assoir au sol, en silence, en prenant soin de ne pas orienter la plante des pieds vers Bouddha, car cela ne se fait pas.

En entrant dans la pagode, les filles ont également revêtu chacune un foulard pour cacher leurs épaules, et il convient également de se découvrir la tête.





Un peu plus loin, 2 pêcheurs nous arrêtent pour nous faire la démonstration de leur lancé de filets lestés dans une marre boueuse de laquelle ils tirent de gros poissons chats.









Un groupe de garçons joue à une variante du badmington, sans raquette ni filet, le but étant de se renvoyer, aussi bien à la main qu'au pied, une sorte de volant constitué d'un assemblage de disques sur une tige. Il n'a pas fallu 5mn à Sabine pour être de la partie!






Quand aux enfants, ils nous entourent et nous observent...











Et le numérique a cela de génial que l'on peut prendre une photo et montrer le résultat aux gamins, d'abord incrédules puis morts de rire à la vue de leur image et de celles de leurs copains! Les adultes aussi d'ailleurs!







Et puis il a bien fallu rentrer :-(

On est parti avec une heure de retard car nos petits camarades partis à la cascade se sont un peu paumés! Et on avait pas vraiment réfléchi que cela signifiait qu'une bonne partie du voyage du retour se ferait de nuit.

Echaudés par l'épopée du minibus, nous avions réservés 2 taxis pour nous seuls, ce qui était nettement plus confortable. J'ai même eu le plaisir de me retrouver à l'avant côté passager ... Enfin le plaisir fut de courte durée, car dès que nous avons dépassé les chemins défoncés où les taxis roulaient au ralenti, j'ai commencé à avoir la main crispée sur la poignée
de la porte, car:
- Malgré le compteur de vitesse obstinément bloqué à 0, nous roulions bien plus vite, à vue de nez à 80km/h, voir plus, y compris en passant les villes et villages au milieu de vélos, motos et piétons en tous sens
- Parce que la ceinture de sécurité était inutilisable (et bien évidemment pas d'airbag au programme)
- Parce que le seul et unique moyen de prévention/signalisation qu'est le klaxon (je rappelle que la seule règle de conduite à peu près respectée est de klaxonner le plus bruyamment possible pour que les autres se poussent) était littérallement aphone dans notre taxi! C'est à peine si nous l'entendion à l'intérieur, donc à l'extérieur et à distance ... Pourtant notre chauffeur s'obstinait à appuyer dessus avec ferveur, visiblement persuadé que le geste devait suffire à son efficacité.

Ajoutez ensuite la venue de la nuit, sur des routes défoncées, pas éclairées, avec des véhicules et piétons sans aucune lumière y compris à contresens, ou au contraire des voitures en face bloquées en plein phares, de sorte qu'il devenait quasiment impossible pour nous de distinguer le bord de la route et quoique ce soit qui aurait pu s'y trouver ... Les quelques 3 heures de trajet m'ont paru le double ...

Décidemment en dehors du Paradis, c'est l'enfer!!!

"I must be strong and carry on
'cause I know I don't belong here in heaven ... "
Eric Clapton - Tears in Heaven

13 septembre 2006

Cadeau Bonux

Re-coucou,

Comme j'ai des petits camarades qui soit:
a) sont plus performant que moi
b) ne dorment pas la nuit
c) ont l'Internet chez eux par laser sur-modulé à phase quantique satellitaire
d) font cela au lieu de bosser ;-)

voici 2 liens vers les sites de 2 autres volontaires, qui en plus sont là depuis plusieurs mois et ont donc raconté déjà plus de choses:
  • http://josephcambodge.blogspot.com : le blog de Joseph, l'expert es-informatique du centre, et à qui je dois mes premières soirées et rencontres. Un athlète aussi capable de trouver à peu près où qu'il soit un endroit pour se coucher ;-) Au passage, merci à lui pour m'avoir permis de trouver sans chercher trop loin le site de blog... et le titre!
  • http://frederic.relange.free.fr/cambodge/ : un p'tit gars bien sympa qui est ici en stage "tandem", un concept européen intéressant qui propose d'associer un français parlant espagnol et un (en l'occurence une) espagnol(e) parlant français, et qui ne se connaissent pas, sur un projet commun quelque part au bout du monde. Souvent c'est l'Amérique latine, espagnol oblige, mais eux, Frédéric et Noémie, ont pioché le Cambodge!
Enjoy!

Les amis de mes amis sont mes amis...

Salut l'occident!

Quelques nouvelles neuves du sud-est asiatique...

Ce week-end, je n'ai pas bougé de Phnom Pehn. D'une part, le décalage horaire enfin absorbé, j'en ai profité pour me faire 2 bonnes grasses matinées très profitables! Et puis je devais préparer une petite sauterie chez moi pour lundi soir, donc faire quelques courses (ce qui n'est pas simple quand on se retrouve devant tout un tas de produits dont on ignore comment ils se cuisinent ou même de quoi il s'agit!), et préparer un maximum de glaçons fait maison à l'eau potable (les glaçons faits ailleurs étant souvent suspects...).

Cela faisait 2 jours qu'il n'avait pas plus, et finalement dimanche après-midi on a eu droit à une bonne grosse averse qui est venue raffraîchir l'atmosphère... mais également faire déborder les égouts et laisser de grosses flaques boueuses rendant plus périlleux encore la circulation!

Et puis Dimanche soir, j'étais invité à une "crèpe party" chez Delphine (prof de français au CCF que j'avais rencontré le week-end précédent). En tout une dizaine de français, toujours d'origines et exerçant des activités très différentes, plus également quelques Khmers francophones (c'est quand même plus simple pour discuter un peu). Et c'est marrant, parce que quand on rencontre une personne à une soirée, en général elle vous invite à une autre... ou vous rencontrez d'autres personnes... qui vous invitent à leur tour... et ainsi de suite, d'où le titre de ce petit billet. Du coup, entre ces diverses soirées et les personnes qui travaillent avec moi, j'ai rencontré plus de personnes en 2 semaines que depuis 1 an ou 2! D'autant plus que bien que toutes ces personnes soient dans des domaines très différents (et ce n'est pas toujours évident pour un informaticien par exemple de trouver des centres d'intérêt commun avec une infirmière ou un expert comptable!), je pense que la motivation commune de toutes ces personnes à venir s'investir sur le long terme dans un pays étranger lointain, et en étant souvent peu ou pas payées, crée de facto un terrain d'entente et une similitude d'état d'esprit (souvent aussi lié aux aspects environnementaux et humains), et donc des liens plus immédiats! Enfin, c'est mon analyse psychologique de comptoir qui me fait dire cela ;-)

Avec les Khmers, c'est assez différents. Déjà, d'un point de vue culturel, historique et économique, il y a un fossé énorme! Si on ajoute la barrière de la langue ça devient encore plus compliqué. Mais pourtant, pour la plupart, les Khmers sont très souriants et calmes, et donc abordables. Et puis il y a des différences d'habitudes dans la vie de tous les jours:
  • - les khmers ont tendance à se lever très tôt, à manger très tôt et à rentrer très tôt. Alors qu'un bon occidental de base à tendance à faire... tout l'inverse!
  • - même si les femmes ont une situation plutôt correcte ici, comparé à d'autres pays et d'autres cultures, il y a quand même des traditions très fortes. Une femme et un homme qui ne sont pas en couple ou en famille évitent en général scrupuleusement de se toucher. Il est très mal vu qu'une jeune femme seule reste seule en compagnie d'un homme, ou sorte tard le soir. Même chez les générations récentes plus ouvertes au mode de vie occidental. J'en veux pour preuve que lors de ma soirée de lundi chez moi, deux jeunes Khmeres sont venues vers 19h30, accompagnées, et sont reparties de concert vers les 20h/20h30 chez elles, en ayant à peine bu un petit jus de fruits et grignoté quelques cacahouettes. Une jeune fille ne vie pas seule dans un appartement, elle habite avec sa famille... Bref, tout ça rend les contacts plus difficiles! Et encore, je pense qu'il y a déjà une certaine progression, et que cela devait être plus strict encore il n'y a pas si longtemps. Il n'y a pourtant guère que quelques "réactionnaires" ayant séjourné à l'étranger qui se hasardent à outrepasser ces conventions, mais elles sont rares.

Voilà pour ces quelques news et considérations sur la société cambodgienne. Il est déjà presque 21h, l'heure où la majorité des restaurant se vident et ferment peu après leur porte! Je sens que ce soir ça va être nouilles liophylisées et fruits (des ramboutans, des cousins du litchee, avec une peau beaucoup plus épaisse, couverte d'épines molles, et avec un noyau central qui n'est pas lisse mais comme du bois). En même temps, si je me couche plus tôt ce soir, ce ne sera pas une mauvaise chose, puisque normalement demain il y a un concert de Jazz, et samedi c'est probablement un départ matinal qui m'attend pour notre excursion littorale.

J'ai quelques photos de Phnom Pehn et de la pluie de ce week-end, je vais tâcher de les mettre en ligne bientôt pour égailler quelque peu tout ce bla-bla!

A bientôt la France, l'Australie, Monaco et le reste du monde !!!

02 septembre 2006

Après 5 jours...

J'ai un peu tardé à donner des nouvelles, mais je ne m'attendais pas à un démarrage sur les chapeaux de roues comme cela a été le cas dès le premier jour! Avec les journées de boulot bien remplies et la nuit qui tombe très tôt vers 18h30 qui fait que l'on mange tôt, il ne reste pas beaucoup de temps pour se poser un peu! L'Internet est en plus extrêmement lent (plus d'1h pour télécharger un pauvre fichier de 14Mo), et hier matin, alors que j'étais venu plus tôt pour m'occuper du blog, ma machine a refusé de démarrer...

Mais bon, aujourd'hui c'est samedi, et je suis revenu au Centre pour donner enfin quelques news!

Hier, c'était le premier vendredi du mois. Ce n'est pas un scoop, je vous l'accorde, mais ici cette date est bien connue des expatriés de tous pays. Il y a un bar/restaurant qui s'appelle le "Elsewhere" ("Ailleurs" pour les anglo-refractaires) et qui organise donc tous les premiers vendredi du mois une soirée "expat" où une masse assez impressionnante d'étrangers convergent pour envahir tous les recoins et même jusqu'à la piscine. Etonnant, parce qu'on ne s'attend pas à voir autant d'occidentaux d'un coup. Intéressant aussi parce que l'on rencontre d'autres personnes qui travaillent ici dans des domaines et pour des organisations très variées.

Juste avant, j'ai été invité par Joseph, le responsable informatique français du Centre, à me joindre à lui pour aller prendre l'apéro chez Claire, une française qui travaillent au Cambodge depuis plusieurs années pour Handicap International. Il y avait aussi Giani, un italien qui travaille depuis 8 ans sur des projets lié à l'agriculture (irrigation des rizières), Estelle qui travaille pour la Croix Rouge Française à monter un projet de suivi psychologique et d'aide aux enfants atteinds du Sida, Vanessa une Franco-Cambodgienne détachée par son employeur, Accenture, pour travailler sur un projet de développement et de formation à l'informatique, ainsi qu'un Khmer parfaitement francophone mais dont je n'ai pas retenu le prénom (car les noms ici sont tellement éloignés des notres que l'on n'a plus de points de repère). Bref, un beau melting-pot de personnes d'activités variées, pas toujours très facile certes, mais les conversations ont été très intéressantes.

Comme la soirée s'est terminée vers 2h30 du matin, ce matin j'ai (enfin) fait la grasse matinée. Mes intestins protestants quelques peu, je me suis abstenu de manger ce matin et ce midi, mais là je commence à avoir assez faim! On croise plein d'échoppes présentant des mets divers et (a)variés, et le principe de précaution qui prévaut ici est de ne manger qu'aux endroits dûment testés pas d'autres auparavant sans soucis ultérieur.

Je suis également allé au marché central (Phsar Thmey), un énorme marché (plus ou moins) couvert hébergé par une colossale bâtisse jaune passablement défraîchi (qui date des années 60 je crois). Tout autour, le marché s'aggrandit par un amoncellement de stands couverts par un patchwork de bâches rafilstollées et basse de plafond. Le tout est divisé en secteurs: un énorme hall central qui héberge les stands de bijoux, montres, lunettes de soleil et change d'argent, et tout autour partent en rayons ces longues allées étroites et sinueuses, toujours regroupées par thème: vêtements, quincallerie, chaussures, tissus, électronique, nourriture, ... Je suis entré par une des allées consacrée à la nourriture. Pour commencer, il fait sombre, alors on laisse le temps au yeux de s'acclimater. Et puis il fait chaud, et surtout, dans cette partie, les mélanges d'odeurs ne sont pas toujours des plus heureux, et cela à vite fait de me couper toute envie d'acheter quelque chose à manger! Et on voit de tout... Le plus sympa se sont les stands de fruits et légumes frais: les formes parfois étranges, les couleurs, et les produits sont attirant, mais tout autour, on a des stands de viande, étalée à même le sol entre les jambes du vendeur et sans aucune source de froid, des monceaux de poissons séchés bien odorants, ... J'ai vite quitté cette aile!

Dans tous les stands, il n'y a pas un milimètre carré qui ne soit occupé par quelque chose à vendre, à part un espace tout juste suffisant à laisser la vendeuse format de poche s'assoir. Tout est accumulé en nombre et en une diversité impressionnante. Au niveau vêtements, maroquinerie, ... on trouve des tonnes de marques. De ce que j'ai lu, ce sont soit de vrais produits provenant des usines asiatiques les fabricant, soit des faux. Aucun prix d'affiché nulle part, mais ils sont paraît-il sans aucune comparaison avec ceux pratiqués chez nous. Mais en tant que "Barang" (étranger), il faut négocier dur, et la communication en anglais est souvent incertaine voir inexistante. Je ne me suis pas senti d'attaque à tenter un achat pour le moment, on verra plus tard!

J'avais aussi lu que ce marché était le plus intéressant pour les photographes. J'avais donc emporté mon appareil, mais là aussi je n'ai pas tenté de photographier quoique ce soit. Trop de monde, trop sombre, trop étroit, et la plupart des vendeurs qui vous harcèlent déjà de "Hello", "Want to buy Sir?" tous les mètres, je n'ai pas osé exhiber mon appareil. Donc désolé, pas de photos pour le moment!

Puis je suis allé au Centre pour retrouver les moyens de communication modernes, en essuyant une belle petite ondée rafraîchissante mais humide. J'aurais pu prendre une motodop (moto taxi), mais je préfère aller à pieds le plus souvent possible, car je n'aime pas l'idée d'utiliser de l'essence pour des trajets qui prennent seulement 10 ou 15mn à pieds (voir moins), d'autant que l'on est alors plus attentifs à la navigation à vue du conducteur au milieu des véhicules et piétons en tous sens qu'au décor environnant. Et comme beaucoup n'ont pas la moindre idée de comment atteindre la destination et que moi non plus... L'inconvénient à pieds étant que l'on est tout de suite suitant de sueur, et que les motodops et autres touk-touk (pas sûr de l'orthographe, ce sont des motos tractant une petite remorque couverte) vous harcèlent également tous les 2 mètres, pensant que si j'ai refusé de prendre leur prédecesseur 3 secondes avant, j'aurais certainement changé d'avis depuis!

Comment on appelle ça déjà? Ah oui, le choc des cultures!

Allez, c'est tout pour aujourd'hui. Je ne sais pas encore ce que je ferai demain, à part quelques courses alimentaires, et récupérer mes vêtements auprès du "pressing" artisanal local.

A bientôt!