Je n'étais pas seul, nous sommes partis à 7. Et, miracle de la technologie, voici (enfin) des photos!

Le groupe presque au complet.
De gauche à droite:
- Delphine
- Sabine (de dos)
- Carha
- Céline (de dos)
- Caroline

Yann, venu m'épauler dans mon rôle de minorité masculine


Et parce que c'est quand même mieux de face que de dos, revoici Sabine et Céline.
Le lieu où nous nous sommes rendus s'appelle "Les manguiers" et se situe à quelques kilomètres de Kampot, petite bourgade du sud-ouest du Cambodge. C'est une maison d'hôte tenue par des franco-khmers installés là depuis quelques années, et qui ont aménagé sur un superbe terrain, entre rivière et rizières, une maison sur pilotis avec 3 chambres pour accueillir quelques invités de passage.
Après l'effeverscence et le bruit de la capitale, ce petit coin de nature est un hâvre de paix, au silence à peine troublé par le passage de quelques petites barges de sable sur la rivière et de quelques rares mobilettes au loin...
Mais le paradis ça se mérite. Et pour se rendre là, nous avons pris un minibus. Et là ça a été toute une aventure!
Déjà pour se rendre au lieu de rendez-vous. Comme il se doit, mon motodop ne connaissait pas le chemin, malgré son acquissement assuré lorsque je lui ai montré le plan et dit le nom du boulevard Mao Tsé-tung. Et comme les panneaux sont rares et petits, et la circulation intense aux voisinages des marchés, ils nous a fallu quelques détours pour arriver à destination. Et là, problème: le rendez-vous était devant le théatre Chenla en face de l'hôtel Intercontinental. Apparemment c'était simple, sauf que la place était immense! Et le théatre introuvable. Et n'ayant pu faire débloquer la veille mon téléphone Orange(TM), je n'avais toujours pas de moyen de joindre quelqu'un... Heureusement en tournant autour de la place, tout le monde à fini par se retrouver. Direction ce qui doit être une gare routière plus ou moins officielle, bondée de véhicules en tous genres, avec aucune indication de leur destination! Mais Delphine avait un guide qui nous a conduit à un minibus à moitié rempli. 3$ la place, parfait!
Nous voilà donc en train d'embarquer. 3 personnes s'installent à l'arrière, et l'on s'apprête à rabattre la banquette mais l'on nous intime qu'une 4ème personne s'installe. Idem à la banquette de devant (prévue pour 2 personnes) + le strapontin (1 personne). 4 personnes pour 3 places, j'ai donc la chance de tomber... entre la banquette et le strapontin, avec 1 barre de fer sous chaque fesse, un vide au milieu et la poignée pour rabattre la banquette dans le dos. Sur les genoux mon sac à dos et mon appareil photo... Et les gens continuent à s'entasser sur les autres banquettes... et sur le toit!
Puis c'est le départ... enfin presque parce que 200m après on s'arrête pour prendre quelques personnes de plus sur le toit. Puis on repart... pour 300m avant de charger d'énormes sacs de riz ou de farine dans le coffre. Encore un ou deux arrêts, et cette fois c'est vraiment parti. Enfin un peu au ralenti, car ça bouchonne pas mal dans le coin.
Encore tous frais et content de notre départ en week-end, on ne pense à rien d'autre pour le moment qu'à manger quelques croissants et pains au chocolat, arrosés de jus de fruits, et à papoter un peu.
Puis la route défile... certains entame une petite sieste, moi je commence à bien sentir les barres des sièges et la poignée dans le dos... et un peu moins la circulation dans mes jambes. Quelques tentatives pour décaler mes fesses de 2cm vers la droite ou la gauche histoire de laisser passer quelques litres de globules rouges oxygénés...
J'observe le paysage, et puis je suis intrigué par une personne sur les sièges tout à l'avant du minibus. Il est assis sur les genoux de 2 autres personnes, et se retrouve donc le nez à environ 5 cm du pare-brise. Si le chauffeur freine un peu fort, il va avoir le nez encore plus plat qu'avant!!! Sauf que... c'est bizarre, quand ça klaxonne, il remue le bras au même moment... Et quand ça tourne aussi... Mais ?!? C'est lui le chauffeur!!! Et oui! Conduire assis sur 2 autres personnes, c'est possible! J'aurais bien pris une photo, mais j'étais bien incapable de pouvoir remuer suffisamment pour sortir l'appareil du sac et le tenir!
Alors pour passer le temps, j'ai compté les places assises: 4 banquettes de 3 places + 2 places à l'avant + 1 pour le chauffeur = 15 places. Et combien de personnes? A vrai dire je n'ai pas le compte exact, car je n'ai pas vu le nombre de personnes sur le toit, mais on était au moins 25, voire 30! OK il y avait 3 ou 4 enfants sur les genoux ou dans les bras de leurs parents, mais quand même! Belle optimisation de l'espace! Et puis de temps en temps, il m'a semblé entendre des piaillements... et j'ai plus tard pu confirmer qu'il y avait aussi une poule et quelques poussins sous la banquette devant moi. La poule n'avait pas de cache-nez ni de Kleenex, donc elle n'avait normalement pas la grippe...
On continue notre route. Les paysages défilent, constellés de palmiers. Soudain un trou que la chauffeur n'évite pas. Un grand claquement retenti, et le chauffeur arrête le minibus quelques centaines de mètres plus loin. Il descend pour examiner l'engin, puis finit par remonter et repartir, à une allure un peu plus modeste. Après quelque chose comme 1h de route, arrêt impromptu à un garage, tout le monde descend du camion, en plein soleil, et se regroupe au pied de l'unique arbre et de ses quelques branches qui apporte une ombre mitée. En voyant le minibus dans son ensemble, on constate alors qu'il penche vers l'avant, comme si tout un lourd chargement était caché dans le moteur, alors qu'en réalité c'est à l'arrière que son empilé plusieurs dizaines de kilos de riz ou de farine! Il y a donc vraiment quelque chose qui s'est cassé tout à l'heure, mais qui ne nous a heureusement pas empêché de rouler jusqu'ici. Mais suffisamment important quand même pour que le chauffeur juge important de réparer toute affaire cessante, quitte à nous laisser poireauter au pied de notre arbre!
Heureusement, juste à côté, il y avait un petit bar/restaurant, et quelques raffraîchissements plus tard, nous avons pu reprendre la route, à une allure nettement plus soutenue. Au passage on a permuté les places, et j'ai lâchement cédé mes barres de fer et ma poignée dans le dos à Sabine. Mais comme elle n'avait pas de sac sur les genoux, elle pouvait plus facilement bouger et même dormir un peu en se reposant sur le siège devant, donc j'ai eu un peu moins de scrupules.
Après quelque chose comme 5h de route, en gagnant peu à peu de la place au fur et à mesure des arrêts pour décharger les passagers et le chargement, nous sommes arrivés à Kampot vers les 15h, en plein soleil. Le minibus a refusé de nous déposer quelques kilomètres plus loin à notre lieu de résidence, pas très sympa. On pense qu'il a des accords avec les motodops qui sont arrivés en nuée autour du minibus appatés par tous ces touristes. Et les touristes les ont déçu, puisque nous sommes partis à pieds! Céline a même failli partir à cloche-pied, une de ses chaussures ayant mystérieusement disparue durant le voyage! Delphine avait heureusement une paire de tong de rechange avec elle.
Arrivé sur place, la première chose que nous avons cherché, c'est un restaurant. Nous en avons trouvé un au bord de la rivière, et à cette heure nous avons surpris tout le personnel en pleine sieste! Mais 7 touristes à nourrire les ont promptement réveillé. La prise de commande a été fastidieuse, la jeune femme ayant du mal à comprendre ce que l'on voulait, et notant à chaque très scrupuleusement le nom exact du plat d'après la carte (pourtant pas si fournie que ça). Cela aurait du éveiller nos soupçons, car au bout de plusieurs dizaines de minutes d'attente et de boissons et plats arrivant au compte goutte, une personne , à savoir Yann, n'était pas servie, et la demoiselle est arrivée goguenarde de la cuisine en disant qu'elle avait oublié! Yann a trouvé cela beaucoup moins drôle, et encore moins quand 2 mn après elle est revenue lui dire qu'il n'y a avait pas le plat qu'il avait commandé 3/4 d'heure plus tôt... Il faut dire que des spaghettis carbonara au fin fond du Cambodge...
Une fois restaurés, direction "Les manguiers". Les motodops se consultent et affirment connaître le lieu. Super! L'un d'eux part comme une flèche, les autres suivent un peu à la traîne. On passe un pont au dessus de la rivière (ne pas tomber, ne pas tomber), puis on s'engage sur un chemin de terre. Comme on pouvait le prévoir, en fait ils n'allaient pas où il fallait! Et Delphine a eut du mal à rattraper le motodop de tête et à l'arrêter. Demi-tour, on retraverse le pont (ne pas tomber, ne pas tomber), et on repart sur une petite route qui devient chemin au milieu des rizières. Quelques kilomètres et apparaissent quelques grandes bâtisses: c'est là, au pied de la rivière. Les motodops sont payés au tarif négocié, malgré leurs protestations (peu vigoureuses), mais après tout ce sont eux qui se sont trompés!

La maison où nous avons logé, juchée sur pilotis.


Vues sur la rivière depuis la terrasse et vue depuis le bord de l'eau

Vue depuis la chambre de l'autre côté de la maison: Rizières à perte de vue...

Une averse très localisée sur la rive d'en face, au couché du soleil.
Couché de soleil sur la rivière.
Après une partie de Jungle speed (un jeu très rigolo, et suffisamment facile pour que je comprenne en quelques minutes) et une séance de contemplation des étoiles (c'est dingue comme on en voit dès que l'on s'éloigne de la civilisation et de ces lumières perpétuelles), ce fut une bonne nuit de sommeil, avec comme seul fond sonore quelques grenouilles dans les rizières et les criquets...
Le lendemain, après un magnifique petit déjeuner à l'Européenne, ballade au programme. Il y a cission (amicale) du groupe car les suffrages se partagent entre 2 destinations:
On part donc et on commence à cheminer au milieu des rizières. Environ 1/4 d'heure plus tard, le vélo devant moi s'arrête d'un coup... et moi aussi, mais encore une fois par dessus le guidon!
J'en ressort avec seulement de la poussière rouge sur mon bermuda, mais un doute sur le fonctionnement de mes freins. Quelques coups de pédales et de freins me permettent de me rendre compte (mais un peu tard) que je n'ai pas du tout de frein à l'arrière et qu'à l'avant, si on appuie un peu trop fort, le frein se bloque! CQFD. Mais il est un peu tard pour faire machine arrière, alors il faudra juste que j'anticipe les prochains freinages...
L'expédition continue. Le soleil tape, et ne trouvant pas de casquette ou de Krama (foulard cambodgien) pour me protéger le crâne, j'improvise un turban avec un T-shirt de secours, et le résultat est, d'après mes compagnes, tout à fait réussi. Je n'ai pas (encore) vu de photos pour savoir si cela était vrai.
En chemin, c'est une averse de "Hello" qui nous accueille. Souvent se sont les personnes, et surtout les enfants, dans les échoppes ou devant les maisons, mais parfois aussi, on se retrouve à répondre "Hello" à un buisson ou une haie de cocotiers, incapables de repérer l'auteur du salut!
Quand aux signes de la main appuyés que nous font certains, on essaye d'y répondre parfois, mais tenir le guidon d'une seule main sur un chemin défoncé, j'ai encore du mal!

Un peu plus loin, c'est un magnifique buffle surpris en pleine séance de Thalassothérapie que nous rencontrons.
Mais en fait, nous nous sommes vite aperçu que dès le départ, nous nous sommes trompés de direction! Nous devions faire une boucle dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, et en fait nous avons tout fait à l'envers. Cependant, nous avons quand même pris les bons chemins, ce qui n'est pas si mal!
Mais arrivés au pied du Mont Blanc, nous n'avons pas pu repérer avec certitude le chemin pour monter. On nous avait dit "vous verrez, vous ne pouvez pas vous tromper, c'est un chemin qui monte tout droit vers le sommet". En arrivant, on a bien vu un "chemin" (disons une trouée dans les plantes) qui montait de manière fort abrupte, si bien que nous avons pensé que ce n'était pas cela, et qu'étant arrivé du mauvais côté, ce devait être plus loin. Mais après une vingtaine de minutes de recherche, et des tas de petits chemins partant dans tous les sens, nous ne savions plus que faire, d'autant qu'il ne nous semblait pas raisonnable de partir au hasard dans la nature (il peut y avoir des mines), et que l'heure avançait. Donc nous avons fait l'impasse sur l'ascension et sur la vue sûrement magnifique au sommet. Tant pis, une prochaine fois peut-être!
Mais du coup, nous avons pu prendre le temps de visiter une pagode et de nous arrêter au fur et à mesure des rencontres.
A la pagode, le spectacle était partagé! Les enfants ne nous on pas lâchés d'une semelle, et étaient ravis de jouer avec nous.
Sabine en particulier a vraiment un sens du contact formidable avec eux, et leur a appris en quelques minutes à jouer à "1 2 3 soleil", devenu en Khmer "Muy Pii Baï Tchop!" (soit 1, 2, 3 stop!)

Elle s'est tout particulièrement faite une nouvelle ami de cette charmante petite fille, à laquelle elle a aussi tenté, avec Céline de jouer à d'autres jeux en se frappant dans les mains, mais avec moins de réussite!
Quelques femmes assez âgées étaient là aussi, et nous on fait l'honneur de nous ouvrir la salle hébergeant le Bouddha. Ne sachant trop comment nous y prendre, nous nous sommes contentés de nous déchausser et de nous assoir au sol, en silence, en prenant soin de ne pas orienter la plante des pieds vers Bouddha, car cela ne se fait pas.
En entrant dans la pagode, les filles ont également revêtu chacune un foulard pour cacher leurs épaules, et il convient également de se découvrir la tête.

Un peu plus loin, 2 pêcheurs nous arrêtent pour nous faire la démonstration de leur lancé de filets lestés dans une marre boueuse de laquelle ils tirent de gros poissons chats.

Un groupe de garçons joue à une variante du badmington, sans raquette ni filet, le but étant de se renvoyer, aussi bien à la main qu'au pied, une sorte de volant constitué d'un assemblage de disques sur une tige. Il n'a pas fallu 5mn à Sabine pour être de la partie!

Quand aux enfants, ils nous entourent et nous observent...

Et le numérique a cela de génial que l'on peut prendre une photo et montrer le résultat aux gamins, d'abord incrédules puis morts de rire à la vue de leur image et de celles de leurs copains! Les adultes aussi d'ailleurs!
Et puis il a bien fallu rentrer :-(
On est parti avec une heure de retard car nos petits camarades partis à la cascade se sont un peu paumés! Et on avait pas vraiment réfléchi que cela signifiait qu'une bonne partie du voyage du retour se ferait de nuit.
Echaudés par l'épopée du minibus, nous avions réservés 2 taxis pour nous seuls, ce qui était nettement plus confortable. J'ai même eu le plaisir de me retrouver à l'avant côté passager ... Enfin le plaisir fut de courte durée, car dès que nous avons dépassé les chemins défoncés où les taxis roulaient au ralenti, j'ai commencé à avoir la main crispée sur la poignée
de la porte, car:
- Malgré le compteur de vitesse obstinément bloqué à 0, nous roulions bien plus vite, à vue de nez à 80km/h, voir plus, y compris en passant les villes et villages au milieu de vélos, motos et piétons en tous sens
- Parce que la ceinture de sécurité était inutilisable (et bien évidemment pas d'airbag au programme)
- Parce que le seul et unique moyen de prévention/signalisation qu'est le klaxon (je rappelle que la seule règle de conduite à peu près respectée est de klaxonner le plus bruyamment possible pour que les autres se poussent) était littérallement aphone dans notre taxi! C'est à peine si nous l'entendion à l'intérieur, donc à l'extérieur et à distance ... Pourtant notre chauffeur s'obstinait à appuyer dessus avec ferveur, visiblement persuadé que le geste devait suffire à son efficacité.
Ajoutez ensuite la venue de la nuit, sur des routes défoncées, pas éclairées, avec des véhicules et piétons sans aucune lumière y compris à contresens, ou au contraire des voitures en face bloquées en plein phares, de sorte qu'il devenait quasiment impossible pour nous de distinguer le bord de la route et quoique ce soit qui aurait pu s'y trouver ... Les quelques 3 heures de trajet m'ont paru le double ...
Décidemment en dehors du Paradis, c'est l'enfer!!!
"I must be strong and carry on
'cause I know I don't belong here in heaven ... "
Eric Clapton - Tears in Heaven

Vue depuis la chambre de l'autre côté de la maison: Rizières à perte de vue...

Une averse très localisée sur la rive d'en face, au couché du soleil.
Couché de soleil sur la rivière.
Après une partie de Jungle speed (un jeu très rigolo, et suffisamment facile pour que je comprenne en quelques minutes) et une séance de contemplation des étoiles (c'est dingue comme on en voit dès que l'on s'éloigne de la civilisation et de ces lumières perpétuelles), ce fut une bonne nuit de sommeil, avec comme seul fond sonore quelques grenouilles dans les rizières et les criquets...
Le lendemain, après un magnifique petit déjeuner à l'Européenne, ballade au programme. Il y a cission (amicale) du groupe car les suffrages se partagent entre 2 destinations:
- Une cascade raffraîchissante de l'autre côté de la rivière: ce sont Yann, Carha et Delphine qui optent pour cette destination à pieds
- L'escalade du Mont Blanc (et oui!), le (petit) pic visible tout à fait à gauche sur la photo de la vue des rizières depuis la chambre, que l'on rejoint en vélo et que l'on grimpe à pieds.
On part donc et on commence à cheminer au milieu des rizières. Environ 1/4 d'heure plus tard, le vélo devant moi s'arrête d'un coup... et moi aussi, mais encore une fois par dessus le guidon!
J'en ressort avec seulement de la poussière rouge sur mon bermuda, mais un doute sur le fonctionnement de mes freins. Quelques coups de pédales et de freins me permettent de me rendre compte (mais un peu tard) que je n'ai pas du tout de frein à l'arrière et qu'à l'avant, si on appuie un peu trop fort, le frein se bloque! CQFD. Mais il est un peu tard pour faire machine arrière, alors il faudra juste que j'anticipe les prochains freinages...
L'expédition continue. Le soleil tape, et ne trouvant pas de casquette ou de Krama (foulard cambodgien) pour me protéger le crâne, j'improvise un turban avec un T-shirt de secours, et le résultat est, d'après mes compagnes, tout à fait réussi. Je n'ai pas (encore) vu de photos pour savoir si cela était vrai.
En chemin, c'est une averse de "Hello" qui nous accueille. Souvent se sont les personnes, et surtout les enfants, dans les échoppes ou devant les maisons, mais parfois aussi, on se retrouve à répondre "Hello" à un buisson ou une haie de cocotiers, incapables de repérer l'auteur du salut!
Quand aux signes de la main appuyés que nous font certains, on essaye d'y répondre parfois, mais tenir le guidon d'une seule main sur un chemin défoncé, j'ai encore du mal!

Un peu plus loin, c'est un magnifique buffle surpris en pleine séance de Thalassothérapie que nous rencontrons.
Mais en fait, nous nous sommes vite aperçu que dès le départ, nous nous sommes trompés de direction! Nous devions faire une boucle dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, et en fait nous avons tout fait à l'envers. Cependant, nous avons quand même pris les bons chemins, ce qui n'est pas si mal!
Mais arrivés au pied du Mont Blanc, nous n'avons pas pu repérer avec certitude le chemin pour monter. On nous avait dit "vous verrez, vous ne pouvez pas vous tromper, c'est un chemin qui monte tout droit vers le sommet". En arrivant, on a bien vu un "chemin" (disons une trouée dans les plantes) qui montait de manière fort abrupte, si bien que nous avons pensé que ce n'était pas cela, et qu'étant arrivé du mauvais côté, ce devait être plus loin. Mais après une vingtaine de minutes de recherche, et des tas de petits chemins partant dans tous les sens, nous ne savions plus que faire, d'autant qu'il ne nous semblait pas raisonnable de partir au hasard dans la nature (il peut y avoir des mines), et que l'heure avançait. Donc nous avons fait l'impasse sur l'ascension et sur la vue sûrement magnifique au sommet. Tant pis, une prochaine fois peut-être!
Mais du coup, nous avons pu prendre le temps de visiter une pagode et de nous arrêter au fur et à mesure des rencontres.A la pagode, le spectacle était partagé! Les enfants ne nous on pas lâchés d'une semelle, et étaient ravis de jouer avec nous.
Sabine en particulier a vraiment un sens du contact formidable avec eux, et leur a appris en quelques minutes à jouer à "1 2 3 soleil", devenu en Khmer "Muy Pii Baï Tchop!" (soit 1, 2, 3 stop!)

Elle s'est tout particulièrement faite une nouvelle ami de cette charmante petite fille, à laquelle elle a aussi tenté, avec Céline de jouer à d'autres jeux en se frappant dans les mains, mais avec moins de réussite!
Quelques femmes assez âgées étaient là aussi, et nous on fait l'honneur de nous ouvrir la salle hébergeant le Bouddha. Ne sachant trop comment nous y prendre, nous nous sommes contentés de nous déchausser et de nous assoir au sol, en silence, en prenant soin de ne pas orienter la plante des pieds vers Bouddha, car cela ne se fait pas.
En entrant dans la pagode, les filles ont également revêtu chacune un foulard pour cacher leurs épaules, et il convient également de se découvrir la tête.

Un peu plus loin, 2 pêcheurs nous arrêtent pour nous faire la démonstration de leur lancé de filets lestés dans une marre boueuse de laquelle ils tirent de gros poissons chats.

Un groupe de garçons joue à une variante du badmington, sans raquette ni filet, le but étant de se renvoyer, aussi bien à la main qu'au pied, une sorte de volant constitué d'un assemblage de disques sur une tige. Il n'a pas fallu 5mn à Sabine pour être de la partie!

Quand aux enfants, ils nous entourent et nous observent...

Et le numérique a cela de génial que l'on peut prendre une photo et montrer le résultat aux gamins, d'abord incrédules puis morts de rire à la vue de leur image et de celles de leurs copains! Les adultes aussi d'ailleurs!
Et puis il a bien fallu rentrer :-(
On est parti avec une heure de retard car nos petits camarades partis à la cascade se sont un peu paumés! Et on avait pas vraiment réfléchi que cela signifiait qu'une bonne partie du voyage du retour se ferait de nuit.
Echaudés par l'épopée du minibus, nous avions réservés 2 taxis pour nous seuls, ce qui était nettement plus confortable. J'ai même eu le plaisir de me retrouver à l'avant côté passager ... Enfin le plaisir fut de courte durée, car dès que nous avons dépassé les chemins défoncés où les taxis roulaient au ralenti, j'ai commencé à avoir la main crispée sur la poignée
de la porte, car:
- Malgré le compteur de vitesse obstinément bloqué à 0, nous roulions bien plus vite, à vue de nez à 80km/h, voir plus, y compris en passant les villes et villages au milieu de vélos, motos et piétons en tous sens
- Parce que la ceinture de sécurité était inutilisable (et bien évidemment pas d'airbag au programme)
- Parce que le seul et unique moyen de prévention/signalisation qu'est le klaxon (je rappelle que la seule règle de conduite à peu près respectée est de klaxonner le plus bruyamment possible pour que les autres se poussent) était littérallement aphone dans notre taxi! C'est à peine si nous l'entendion à l'intérieur, donc à l'extérieur et à distance ... Pourtant notre chauffeur s'obstinait à appuyer dessus avec ferveur, visiblement persuadé que le geste devait suffire à son efficacité.
Ajoutez ensuite la venue de la nuit, sur des routes défoncées, pas éclairées, avec des véhicules et piétons sans aucune lumière y compris à contresens, ou au contraire des voitures en face bloquées en plein phares, de sorte qu'il devenait quasiment impossible pour nous de distinguer le bord de la route et quoique ce soit qui aurait pu s'y trouver ... Les quelques 3 heures de trajet m'ont paru le double ...
Décidemment en dehors du Paradis, c'est l'enfer!!!
"I must be strong and carry on
'cause I know I don't belong here in heaven ... "
Eric Clapton - Tears in Heaven
